mardi 7 mai 2013

Journée du témoignage à Toulouse



Ce samedi 4 mai nous nous sommes retrouvés quai de la Daurade à Toulouse, en coprésence avec des amis du monde entier, pour témoigner notre expérience du dépassement de la souffrance, pour exprimer notre gratitude aux personnes, aux situations que nous avons rencontrées sur notre chemin et qui nous ont fait avancer.

Nous avons partagé l'inspiration transmise par Silo lors de son intervention le 4 mai 1969 sur le
thème de la Guérison de la Souffrance. 
Voici quelques photos de ce moment joyeux et inspirateur !

https://picasaweb.google.com/montaneanne/4MaiToulouse?authkey=Gv1sRgCIC7_4Ouj_7plAE


Et le texte de l'intervention faite par Chaya à cette occasion


Chers amis et amies,

Bienvenu à la célébration de cette journée de la «Guérison de la souffrance » !!!!
Nous vous remercions de votre participation.
Avec cette journée nous faisons une commémoration du premier discours donné par Silo il y a quarante quatre ans.

Le 4 mai de 1969 un homme humble a descendu de la montagne pour apporter un message révolutionnaire.
Dans les Andes aux pieds de mont Aconcagua et entouré par des militaires armés, Silo a parlé en face d’une centaine des personnes. Ses paroles montraient la non-violence comme la seule possibilité d’un monde qui était au point d’exploser.
Aujourd’hui, que les êtres humaines de toute la planète se sentent frappés par la crise d’une « petite et stupide culture matérialiste » Un système qui essaye de détruire à tout ce qui amène à la poésie et à la grandeur de l’existence humaine », ce message vient avec plus de force que jamais.
Nous savons que le monde est violent car nous le regardons tous les jours. Il y a de la violence par tout (la télé, les rues…) mais personne se demande d’où vient la violence et quel est la racine qui provoquait de la souffrance dans les êtres humaines.
Les grandes craintes de l’être humain empêchent de donner à la vie la direction désirée et un sens. Les peurs à la pauvreté, à la solitude, à la maladie et à la mort se conjuguent et se renforcent dans la société au sens de groupes humains et des individus…
Nous sommes également dans un monde qui, en direction inverse à nos aspirations, se déshumanise de jour en jour car nous sommes dans un moment critique au présent.
L’argument selon lequel tout est entre les mains d’un système infiniment puissant et violent et que le succès appartient aux corrompus et aux incapables.
D’autre part nous soulignons aussi la dimension de se qui est strictement personnel et interpersonnel qui bien qu’inscrit dans le contexte social constituent le noyau de notre existence. Le relations personnels, aujourd’hui détériores au maximum montrent la croissance d’une violence aveugle, dans laquelle le « toi et le « nous » disparaissent et dans laquelle l’individu livré à la solitude et la confusion ne trouve pas d’issue.

Dans cette situation qu’il nous est donné de vivre, nous reconnaissons le triomphe provisoire de la culture de l’antihumanisme. Mais les triomphateurs d’aujourd’hui n’ont pas le futur assuré car une nouvelle spiritualité commence à s’exprimer par tout le monde. Ce n’est pas la spiritualité de l’intolérance, ni la spiritualité du dogme, ni la spiritualité de la violence religieuse… C’est la spiritualité qui se réveille de son profond sommeil pour nourrir à nouveau les êtres humains dans leurs meilleures aspirations.
Nous devons réaffirmer dans ce domaine, que tout être humaine a le droit de s’interroger sur le sens de sa vie.  
Au présent nous vivons un moment particulier, et nous devons aussi annoncer qu’une nouvelle civilisation est en train de naitre. La première civilisation planétaire de l’histoire humaine. Et par conséquent, ces crises qui surgissent et surgiront, encore serviront, malgré notre infortune, à dépasser cette ultime étape de la préhistoire humaine et chacun saura s’il décide ou non d’accompagner ce changement et chacun comprendra s’il cherche ou non un renouvellement profond de sa propre vie.
Mais malgré tout… malgré tout cela… malgré cet enfermement affligeant, quelque chose de léger comme un son lointain, quelque chose de léger comme une brise de l’aube, quelque chose qui commence doucement, se fraie un chemin à l’intérieur de l’être humain…
Pour quoi ô mon âme, cette espérance ? Pour quoi cette espérance, qui depuis les heures les plus obscures de l’infortune, se fraie un passage en répandant la lumière ?....
Nous croyons que quelque chose de très bon arrivera quand les êtres humains trouveront les sens tant de fois perdu, tant de fois retrouvé dan. Nous transmettrons le message du profond. Ce message ce n’est pas strident, mais très tranquille que l’on ne peut pas entendre quand  on veut l’attraper et que par ailleurs, il ne déjà plus nécessaire de cherche dans des endroit éloignés mais à l’intérieur de chacun de nous.
Pour finir, je partage avec vous un poème de notre cher ami Silo qui nous inspire dans notre chemin d’humanisation du monde.

« Je retourne au monde avec les mains et le front lumineux.
Ainsi, donc j’accepte mon destin.
Voici le chemin et moi,
humble pèlerin qui retourne vers les siens.
Moi, qui reviens lumineux vers les heures de la routine des jours,
Vers la douleur de l’homme,
vers sa joie simple.
Moi, qui donne de mes mains ce que je peux,
Qui reçois l’offense et le salut fraternel,
Je dédie un chant au cœur qui de l’abîme obscure
renaît à la lumière du sens ardemment désiré »


Merci beaucoup

vendredi 3 mai 2013

4 mai journée "Guérison de la Souffrance"


La guérison de la souffrance 

Si tu es venu écouter un homme supposé transmettre la sagesse, tu t’es trompé de chemin car la réelle sagesse ne se transmet ni par les livres, ni par les discours ; la réelle sagesse est au fond de ta conscience comme l’amour véritable est au fond de ton coeur.
Si tu es venu, poussé par les calomniateurs et les hypocrites, écouter cet homme pour utiliser ce que tu écoutes comme argument contre lui, tu t’es trompé de chemin ; en effet, cet homme n’est pas ici pour te demander quoi que ce soit, ni pour t’utiliser car il n’a pas besoin de toi.
Tu écoutes un homme qui ne connaît ni les lois qui régissent l’Univers, ni celles de l’Histoire et qui ignore les relations régissant les peuples. Cet homme s’adresse à ta conscience, très loin des villes et de leurs ambitions malsaines. Là-bas, dans les villes où chaque jour est une aspiration arrêtée par la mort, où la haine succède à l’amour, où la vengeance succède au pardon, là-bas, dans les villes des hommes riches et pauvres, dans les immenses espaces des hommes, s’est déposé un voile de souffrance et de tristesse.
Tu souffres quand la douleur mord ton corps. Tu souffres quand la faim s’en empare. Mais tu ne souffres pas seulement à cause de la faim ou de la douleur immédiate de ton corps, tu souffres aussi des conséquences des maladies de ton corps.
Tu dois distinguer deux types de souffrance : l’une est produite en toi par la maladie (elle peut reculer grâce au progrès de la Science comme la faim peut reculer grâce au triomphe de la justice); l’autre ne dépend pas de la maladie de ton corps mais en découle : si tu es infirme, si tu ne peux pas voir ou entendre, tu souffres ; mais, même si cette souffrance découle de ton corps ou de ses maladies, elle est celle de ton mental.
Il y a une autre souffrance qui ne peut reculer ni avec le progrès de la Science, ni avec celui de la justice. Cette souffrance, strictement liée à ton mental, recule devant la foi, devant la joie de vivre, devant l’amour. Tu dois savoir que cette souffrance est toujours basée sur la violence qui se niche dans ta conscience. Tu souffres par crainte de perdre ce que tu as ou à cause de ce que tu as déjà perdu ou pour ce que tu désespères d’atteindre. Tu souffres de ne pas avoir ou par peur en général… Voilà les grands ennemis de l’homme : la peur de la maladie, la peur de la pauvreté, la peur de la mort, la peur de la solitude. Toutes ces souffrances sont propres à ton mental. Toutes révèlent la violence intérieure, la violence présente dans ton mental. Remarque comment cette violence découle toujours du désir. Plus un homme est violent, plus ses désirs sont grossiers.
Je voudrais te raconter une histoire qui arriva il y a très longtemps.
Il était une fois un voyageur qui devait parcourir un très long chemin en un temps limité. Il attela donc son animal à un chariot et entreprit un longue périple vers une destination lointaine. Il appela l’animal Nécessité, le chariot Désir, l’une des deux roues Plaisir et l’autre Douleur. Et le voyageur menait ainsi son chariot, tantôt à droite, tantôt à gauche, mais toujours vers sa destination. Plus le chariot allait vite, plus les roues du Plaisir et de la Douleur tournaient rapidement, reliées par le même essieu et portant le chariot du Désir. Comme le voyage était très long, notre voyageur s’ennuyait. Il décida alors de le décorer en le parant de beaux atours, et c’est ainsi qu’il fit. Mais plus il embellissait le chariot du Désir, plus celui-ci devenait lourd pour la Nécessité. Dans les virages et les pentes raides, le pauvre animal défaillait, ne pouvant plus traîner le chariot du Désir. Sur les chemins sablonneux, les roues du Plaisir et de la Souffrance s’enfonçaient dans le sol. Un jour, le voyageur désespéra car le chemin était très long et sa destination très lointaine. Cette nuit-là, il décida de méditer sur ce problème, et ce faisant, il entendit le hennissement de son vieil ami. Comprenant le message, il défit dès le lendemain matin les ornements du chariot, l’allégeant de tout son poids. Il remit alors son animal au trot,
avançant vers sa destination. Néanmoins, il avait perdu un temps irrécupérable.
La nuit suivante, il médita encore une fois et comprit, grâce à un nouvel avertissement de son ami, qu’il devait entreprendre une tâche deux fois plus difficile qui signifiait “se détacher”. A l’aube, il sacrifia le chariot du Désir. Il est vrai que, ce faisant, il perdit la roue du Plaisir, mais avec elle il perdit aussi la roue de la Souffrance. Il monta sur le dos de l’animal Nécessité et commença à galoper par les vertes prairies jusqu’à destination.
Vois comme le désir peut te limiter. Il y a des désirs de différentes qualités. Certains désirs sont grossiers, d’autres plus élevés. Elève le désir ! Dépasse le désir ! Purifie le désir ! Tu devras alors certainement sacrifier la roue du plaisir, mais tu perdras aussi celle de la souffrance.
Chez l’homme, la violence mue par les désirs ne reste pas seulement dans sa conscience, comme une maladie, mais agit aussi dans le monde des hommes ; elle s’exerce sur les autres personnes. Lorsque je parle de violence, ne crois pas que je me réfère uniquement à la guerre et aux armes avec lesquelles les hommes détruisent d’autres hommes ; ceci est une forme de violence physique. Mais il y a aussi une violence économique qui te fait exploiter l’autre : elle apparaît quand tu voles l’autre, quand tu n’es plus son frère, mais plutôt un rapace pour lui. Il y a aussi une violence raciale : crois-tu ne pas l’exercer quand tu persécutes quelqu’un d’une race différente de la tienne ? Crois-tu ne pas l’exercer quand tu le diffames car il est d’une race différente de la tienne ? Il y a une violence religieuse : crois-tu ne pas l’exercer quand tu ne donnes pas de travail à quelqu’un, que tu lui fermes les portes ou le licencies parce qu’il n’est pas de la même religion que toi ? Crois-tu ne pas être violent lorsque tu enfermes en le diffamant celui qui ne communie pas avec tes principes ? Et lorsque tu l’enfermes dans sa famille ou parmi ceux qui lui sont chers parce qu’il ne partage pas ta religion, crois-tu ne pas être violent ? Il y a d’autres formes de violence comme celles imposées par la morale des philistins : tu veux imposer ta manière de vivre à l’autre, tu dois lui imposer ta vocation… Mais qui t’a dit que tu es un exemple à suivre ? Qui t’a dit que tu peux imposer une façon de vivre parce qu’elle te plaît ? Où est le moule, où est le modèle pour que tu l’imposes ?… Ceci est une autre forme de violence.
C’est uniquement par la foi intérieure et la méditation intérieure que tu peux en finir avec la violence en toi, chez les autres et dans le monde qui t’entoure. Les fausses solutions ne peuvent mettre un terme à la violence. Ce monde est sur le point d’exploser, et il n’y a pas moyen de mettre un terme à la violence. Ne cherche pas de fausses solutions ! Il n’existe pas de politique capable de résoudre cette folle angoisse de la violence. Il n’existe ni parti, ni mouvement sur la planète qui puisse mettre un terme à la violence. Il n’existe pas de fausses solutions pour la violence dans le monde… On me dit que les jeunes, sous différentes latitudes, cherchent de fausses solutions pour sortir de la violence et de la souffrance intérieure, et qu’ils se tournent vers la drogue. Ne cherche pas de fausses solutions pour en finir avec la violence.
Mon frère ! suis des règles simples comme sont simples ces pierres, cette neige et ce soleil qui nous bénit. Porte la paix en toi et porte-la aux autres. Mon frère ! là, dans l’Histoire, l’être humain porte le visage de la souffrance. Regarde ce visage plein de souffrance… Mais rappelle-toi qu’il est nécessaire d’aller de l’avant, nécessaire d’apprendre à rire et nécessaire d’apprendre à aimer.
A toi, mon frère, je lance cet espoir, cet espoir de joie, cet espoir d’amour afin que tu élèves ton coeur et ton esprit et afin que tu n’oublies pas d’élever ton corps.
SILO
PUNTA DE VACAS
MENDOZA, ARGENTINE
4 MAI 1969